Les ponts vivants
Entre ciel et terre : les ponts vivants
Certaines personnes vivent entre deux mondes.
Elles font le lien, souvent dans la solitude, entre ciel et terre.
Ce texte s’adresse à celles et ceux qui se reconnaîtront.
Tu vis entre deux mondes
Tu es peut-être de celles et ceux qui vivent entre deux mondes.
Tu fais le lien entre le monde terrestre et le monde spirituel.
Tu habites l’entre-deux, là où le visible et l’invisible se rencontrent.
Un prénom ordinaire, un appel singulier
Tu t’appelles peut-être Annie, Anne-Laure, Andrew, Abraham, Fabio, Michael, Roman, Rose…
Ton prénom est simple, ordinaire.
Et pourtant, quelque chose en toi ne l’est pas.
Béni·e, et pourtant seul·e
Tu te sens à la fois privilégié·e, honoré·e, béni·e,
et en même temps seul·e, isolé·e, incompris·e, fragile.
Cette proximité avec Dieu, cette relation directe avec Lui,
ce désir de faire Sa volonté avant la tienne,
te demande un renoncement intérieur réel :
te défaire de toi pour laisser toute la place à Dieu,
pour que le Christ puisse vivre en toi.
Tu sers et tu obéis, tout simplement
Être un pont, c’est être à l’écoute de Sa Parole.
Prier avec le Père.
Aider les autres.
Et surtout : ne rien vouloir pour toi.
Être au service de Sa volonté, en totale adhérence.
Agir comme le Christ, guidé·e par le Saint-Esprit.
La tentation du retrait
Cette proximité chérie te donne parfois envie de rester uniquement avec Lui.
De ne rien faire d’autre.
De te retirer du monde pour demeurer dans cette vie intérieure fascinante.
Alors naissent des désirs de retrait :
vivre comme un ermite, dans une grotte, dans un cimetière,
ou entrer dans les ordres monastiques
afin de te consacrer entièrement à cette relation chérie.
Quand vivre ou mourir semble secondaire
Parfois, être vivant·e ou mort·e — au sens physique et corporel —
ne changerait presque rien à ce que tu vis intérieurement.
La vie terrestre retirée ôterait même
ce devoir constant d’adaptation au monde tel qu’il est.
Et pourtant,
tu continues de marcher ici, dans ce monde,
tant qu’il t’est donné.
Les mystiques, hier comme aujourd’hui
Certains nous appellent les mystiques.
Il y en a toujours eu.
Il y en aura toujours.
Comme l’échelle de Jacob, vue en rêve :
des anges qui montent et qui descendent.
Tu fais le lien, tu unis,
tu t’élèves et tu te rabaisses.
Veiller sur les ponts
Il m’est demandé, à ma mesure,
de veiller sur les ponts,
de les soutenir,
de les encourager.
Car vivre cela, souvent en marge de la société,
sans pouvoir en parler librement,
t’expose à l’incompréhension, au rejet.
On te prend pour un·e fou·folle.
Pour quelqu’un qui délire, qui invente,
qui projette sur Dieu ce qui ne serait que trouble intérieur.
Tes paroles dérangent.
Ta manière de vivre inquiète.
Ton rapport au monde ne rentre dans aucune case.
Et parfois, cette incompréhension va plus loin encore :
des décisions brutales peuvent être prises par l’entourage,
jusqu’à l’internement psychiatrique,
simplement parce que ce que tu vis
échappe aux cadres habituels.
Si tu lis encore ces lignes,
c’est que tu sais exactement de quoi il est question.
Le prix du renoncement
Ce chemin te demande parfois de te couper de ta famille.
De renoncer à toute vie conjugale ou romantique.
Parfois même, de renoncer à tes enfants,
à ton rôle de parent.
Renoncer à l’argent, à la carrière, à la sécurité matérielle.
Marcher, simplement,
là où Dieu te conduit.
Une vie à contre-courant
Donner ta vie à Dieu et Le suivre pleinement dans Son Royaume
implique une existence à contre-courant,
rarement comprise par le commun des mortels.
C’est une vie proche de celle d’un moine, mais libre :
sans règles monastiques,
sans communauté institutionnelle,
dans le monde, sans habit religieux pour te distinguer.
Quand l’Église ne reconnaît pas ce que tu vis
À cette incompréhension s’ajoute souvent une autre blessure, plus silencieuse encore :
celle du manque de reconnaissance par les Églises.
Tu y es allé·e avec confiance,
espérant y trouver un lieu d’écoute,
un espace de discernement,
une parole capable d’accueillir ce que tu vis.
Mais bien souvent,
ce que tu portes n’entre dans aucune catégorie reconnue.
Ce n’est ni un ministère officiel,
ni une vocation institutionnelle,
ni une spiritualité facilement nommable.
Alors ton expérience est relativisée,
mise à distance,
parfois suspectée,
ou simplement ignorée.
On te renvoie à la prudence,
au silence,
ou à une forme de normalisation
qui finit par étouffer l’élan intérieur.
Ce n’est pas toujours un refus explicite.
C’est parfois une incapacité à reconnaître,
à nommer,
à accompagner
ce qui échappe aux cadres établis.
Tu comprends alors que tu n’es pas seulement en marge de la société,
mais aussi à la frontière des structures religieuses.
Et cette solitude-là,
parce qu’elle touche à la foi elle-même,
est souvent l’une des plus difficiles à porter.
Appel
Alors si, en lisant ces lignes, tu t’es reconnu·e,
si cette proximité avec Dieu t’isole autant qu’elle te porte,
alors sache que tu n’es pas seul·e.
Tu peux me contacter.

