Demeure en moi

Christ m’a dit ce matin :
« Demeure en moi. »

J’avais besoin de cette parole.
Car notre relation est compliquée…

Depuis plus d’un an, j’ai appris à le connaître intimement,
à le ressentir jusqu’au plus profond de ma chair.

Quand il me visite.
Quand il m’a fait visiter Tyr avec ses yeux.
Quand, à Jérusalem, à la 8ᵉ station — celle des femmes —
il m’a partagé la douleur, la souffrance, l’humiliation
qu’il a ressenties et endurées sur le chemin de sa Passion.

À Taybeh aussi,
il m’a partagé la solitude qu’il avait ressentie,
et la promesse qu’il m’a faite.

J’avais peur.
J’appréhendais ces visites
qui me mettent mal à l’aise
et dont je ne peux pas parler…

Depuis mon arrivée au monastère, à Orbey,
j’ai prié pour accepter la présence du Christ en moi,
quelle que soit la forme qu’elle prenne.

Ne plus en avoir honte.
Car je sais que c’est un honneur,
une grâce immense qu’il me fait.

Et aujourd’hui, en l’écrivant, en le partageant,
j’accepte de ne plus renier cette partie de moi,
de Lui,
de notre relation,
de ma foi,
de la vie que je vis avec Dieu et le Christ.

Après cette vigile pascale,
après ce premier triduum pascal,
dans cette chapelle splendide du monastère Saint-Jean-Baptiste,
il m’a dit :

« Regarde-moi,
rapproche-toi,
demeure en moi. »

Et toute une nouvelle perspective s’est ouverte.

Jusqu’à présent, j’attendais qu’il vienne en moi.
Et, au fond, une part de moi le redoutait.

Mais aujourd’hui, en ce jour de Pâques,
il m’appelle à l’habiter, Lui.

Le mouvement s’inverse.

C’est Lui qui me reçoit.
C’est Lui qui m’accueille.

Avant, c’était moi qui l’accueillais.
Et cela me mettait une telle pression.

Aujourd’hui, je découvre autre chose :

Il me prend telle que je suis.
Il accueille mon mouvement vers Lui.
Il est mon réceptacle.

Le mouvement devient double.
Il n’est plus à sens unique.

Je n’ai jamais vraiment fait ce mouvement vers Lui.

Je l’ai toujours fait pour Dieu,
mais pas pour le Christ.

Ce « Demeure en moi » fait écho à cette parole reçue à Pâques 2023, à Aulnay-sous-Bois :
« C’est ta maison. »

Puis à celle reçue en décembre 2024, au Bouclier,
le jour du Cantique de Marie.

Toujours une histoire de maison.

Le 5 avril 2026, à Orbey,
au monastère Saint-Jean-Baptiste,
Pâques 2026 est un grand jour.

Le Christ et moi faisons demeure ensemble.
Il est ma maison.
Et je suis la sienne.